Alphone PLANEL

Compositeur et éditeur de musique
Directeur de la Lyre Montilienne 1869-1947

 

Les Planel apparaissent dans la région de Saint Nazaire le Désert au début du XVIIe ème siècle. Celui qui a donné son nom à une  place de Montélimar (Drôme) est Alphonse Régis, Joseph, François PLANEL.  Il est né le 5 mars 1869 à Allex (Drôme) de Jean Antoine, cultivateur et de Marie BONNARD, et rien ne le destinait à la carrière musicale qu’il allait connaître.


A  15 ans il apprend la musique. La légende familiale raconte qu’il recevait gratuitement l’enseignement d’un vieux musicien d’Allex, à charge pour lui de fournir la chandelle.
A dix sept ans il fonde la fanfare de son village natal.
Les sept ans de service militaire vont lui permettre de poursuivre sa formation musicale. Il est soliste au 75ème RI à Romans (Drôme), puis à l’Ecole d’Artillerie de Valence (Drôme), où il fait de sérieuses études d’harmonie et de composition.
Il est libéré du 6ème régiment d’Artillerie en février 1897.

Dés cette époque, il sera constamment à la tête de trois sociétés musicales.

Il s’établi à Tullins (Isère) dont il dirige l’harmonie « Les Trompettes Tullinoises ». Il commence à composer et crée sa société d’édition musicale.Ses deux premières œuvres, « Spion Kop » et « Le Luron », des pas redoublés pour harmonie et fanfares seront éditées dans cette ville. C’est à Tullins également qu’il épouse Louise Joséphine ALBERTIN le 15 février 1898.

En 1902, à la tête de l’Harmonie de Renage (Isère), qu’il dirigeait également,  il remporte un 1er prix de direction au concours musical de Genève.Ce succès le fait remarquer par la société philharmonique « La Lyre Montilienne », fondée en janvier 1887. Celle-ci,  qui est en pleine réorganisation, recherche en effet un nouveau directeur pour remplacer Monsieur CAPPEAU.

Alphonse PLANEL, contacté, accepte le poste.

En novembre 1902 les président et vice président messieurs RICHAUD et BOISSEL et le sous-chef de la société Monsieur SARRUS, accueillent le nouveau directeur à Montélimar.
Il emménage avec son épouse et sa fille aînée au 37 rue mercerie (2 rue Maurice Meyer) dans la maison sur laquelle une plaque commémorative a été apposée en 1970 par la municipalité PIC; maison dont la façade arrière donne précisément sur «  la place Alphonse Planel ».Cette place, aménagée en parking, a été crée à la suite de la démolition d’une ancienne usine de conserves et de divers bâtiments qui étaient situés au nord de la rue Aleyrac.

 Dés son arrivée, et surtout à partir de 1904, sous la présidence de Maurice BOISSEL, il va déployer une grande activité et animera pendant un demi-siècle toute la vie musicale de la région.
Le 1er janvier 1903 il crée l’Ecole de musique, entièrement gratuite et réservée en principe aux futurs musiciens de la Lyre. Les salles de répétitions étaient situées à l’origine dans l’Hôtel de Chabrillan.On y enseigne d’abord  le solfège, ensuite  les instruments de l’Harmonie, cuivres et bois, puis à partir de 1917, le violon et les autres  instruments à cordes.

En 1904 il fait parti de la commission chargée de la construction du kiosque à musique qui sera inauguré le 14 juillet 1905.
Cette même année il organise la Lyre « Symphonie » composée des meilleurs musiciens de l’harmonie augmentée d’amateurs éclairés, tels que Jean MATHIEU au piano, de professeurs  et de bons musiciens  de Montélimar pour les  instruments à cordes et fonde comme chef d’orchestre « les concerts classiques de Montélimar ».
Juillet 1905 voit le premier concert de la Lyre « Estudiantina », orchestre composé uniquement de guitares, mandolines, castagnettes et tambourins (voir l'artcle consacré aux Estudiantinas)

C’est également en 1905 qu’Alphonse PLANEL crée un commerce de pianos et instruments de musique ; commerce,  qui transféré en 1932 au 71 Grande Rue (devenu 72 rue Pierre Julien), continu son activité  à l’enseigne de VIOSSAT-MUSIQUE. Le commerce sera vendu en 2005 faute de successeur dans la famille.

Réserviste en 1914 Alphonse PLANEL est mobilisé en 1916. Il sera garde-voie dans une unité territoriale aux Herbues et à Savoyeux en Haute-Saône jusqu’en 1918 (cf. 'Il est mouton comme les autres').
En 1940 il participe à la défense passive montilienne et fait du guet aérien depuis le sommet du clocher de l’église des Carmes, puis dés avril 1941, la Lyre Montilienne reprend ses activités.

Entre les deux guerres mondiales, vers 1920, à la demande  de monsieur Anfos MARTIN, inspecteur de l’enseignement primaire, il dirigera le « Cercle Musical de l’Enseignement » ainsi que « l’Ecole Montilienne de Musique et de Chant », école dans laquelle on donne des cours d’histoire de la musique et Alphonse PLANEL y  enseigne le solfège supérieur et la dictée musicale.
En mars 1925 il est nommé Officier d’Instruction Publique.

Il dirigera ainsi la « Lyre Montilienne »  jusqu’ en 1947, et ce fut chaque année, mis à part l’interruption des deux guerres mondiales,  de mai à septembre, le jeudi soir, un concert sur le kiosque à musique du champ de Mars, sans compter les nombreuses autres manifestations : 14 juillet, 15 août, sainte Cécile, concerts pour les membres honoraires, foires expositions, concours régionaux, etc.
Outre la Lyre Montilienne, il dirigera l’harmonie de Loriol (Drôme) et de Viviers (Ardèche).

Mais ce ne fut pas seulement comme chef d’orchestre qu’Alphonse PLANEL donna la mesure de son talent.
Le 23 mars 1905 il est admis dans la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique (SACEM) en qualité de compositeur, puis en qualité d’éditeur le 8 janvier 1908. Plus de 400 compositions pour harmonie et fanfares, orchestre de danse, pièces de théâtre, monologues,  chansons et chansonnettes sont inscrites à son répertoire, dont plus de 200 ont été éditées, sous son nom ou sous le pseudonyme de REGAL ; pseudonyme construit à partir de  ses deux premiers prénoms. Citons pour mémoire « la Montilienne » créé en mars 1923 sur des paroles de Joseph DURAND principal, à l’occasion de la fête du collège.
Quelques une de ses œuvres sont toujours jouées. La Bibliothèque Nationale de France, département musique conserve ses compositions et la plupart de celles des ses deux fils.

Par exemple, nous pouvons citer:

  • Le chemin joli
  • Valse d'avril
  • Les deux Noël
  • Fleurs de thym,
  • Romance à Simone,
  • J'aime à chanter

Une de ses grandes préoccupations fut l’enseignement de la musique. « L’élève musicien » et « l’élève instrumentiste » furent les titres qu’il donna à un solfège et à un traité qu’il a conçu et édité. Il forma évidemment ses cinq enfants, quelques un de ses petits enfants, mais aussi
trois de ses neveux : Jules OULIE qui dirigea la Chorale Montilienne et l’harmonie de Viviers avant d’être tué à la guerre en 1914, Ernest  et Félix SCIUPI qui furent respectivement directeur de l’Harmonie de Vienne(Isère) et directeur de l’harmonie de Renage(Isère).

Dans les années 30 il porta un grand intérêt à la Fédération Française des Sociétés Musicales Populaires et collabora au journal de cette association.

Il participa aussi activement à la vie culturelle régionale. Le peintre Louis Emile CHARPENNE, l’instituteur et historien Jean COSTE, furent ses amis ainsi que le félibrige Anfos MARTIN (Alphonse Auguste MARTIN 1868-1948), déjà cité, dont il mit en musique plusieurs de ses poèmes en provençal, notamment « Lou Rose » et « Lou mes de mai ».

Alphonse PLANEL eut de plus la joie de compter parmi ses cinq enfants, deux fils qui ont fait une brillante carrière musicale : Jean PLANEL (1903-1986) ténor lyrique, grand prix du disque 1933 et 1941, co-fondateur de la maîtrise de la radio et Robert PLANEL (1908-1994) compositeur, 1er grand prix de Rome 1933, inspecteur général de l’enseignement musical de la Ville de Paris.

Il s’éteint, après une longue maladie, le 5 mai 1947. Il est inhumé au cimetière Saint Lazare, accompagné par la Lyre Montilienne, aux sons de la marche funèbre de sa composition « Les Chrysanthèmes ».

Le 8 juin 1952, lors du XIVème festival de musique de L’Union des Sociétés Musicales de la Drôme son œuvre « coeur joyeux » sera exécutée par 700 musiciens rassemblés sous la baguette de son successeur Pierre HUVEY.

Un second hommage lui sera rendu, en présence de ses enfants, en 1962, par Maurice PIC, lorsque la ville de Montélimar fut choisie pour accueillir le XXIIème festival de musique organisé par l’U.S.M.D.

Au soir de son existence Alphonse PLANEL pouvait mesurer avec satisfaction le chemin parcouru. Il a porté et répandu l’amour de la musique aussi loin qu’il a pu.


Discographie: Il est curieux de constater qu'Alphone Planel n'ait été édité à ce que nous savons que sur disque à saphir, aussi bien chez Pathé, que chez Ideal ou Aspir ou encore Opéra.

Chez Pathé :

  • n° 2566, 35 cm, gravé 09/1911 : « Nuits de Golconde » ou « Reine des folles nuits » (Planel et Devaux), chanté par Marcelly de la Gaîté Rochechouart
  • n° 3178, 29 cm, gravé 07/1912 : « Chante mon biniou » (Planel et Devaux), mélodie chantée par Junka des concerts parisiens.

Chez Idéal :

  • n° 5783/84, 30cm : « Chante mon biniou » (Planel et Devaux), mélodie bretonne chantée par Rigaux de l’Opéra Comique avec orchestre,

  • n° 5783/6081 30cm : « Chante mon biniou » (Planel et Devaux), mélodie bretonne chantée par Rigaux de l’Opéra Comique avec orchestre,
  • n° 7197/7230 : « L'amour s'envole vite » (Servan) et « Un songe à Palerme » (Planel Devries),
  • n° 195/197, 25cm : « Chante mon biniou » (Planel et Devaux), mélodie bretonne chantée par Rigaux de l’Opéra Comique avec orchestre,

Chez Aspir:

  • n° 5753/54, 30cm : « Reine des folles nuits » (Planel et Devaux), mélodie valse chantée par Rigaux de l’Opéra avec orchestre,
  • n° 5754/55, 30cm : « Reine des folles nuits » (Planel et Devaux), mélodie valse chantée par Rigaux de l’Opéra avec orchestre,
    écoutez le couplet
  • n° 5783/84, 30cm : « Chante mon biniou » (Planel et Devaux), mélodie bretonne chantée par Rigaux de l’Opéra Comique avec orchestre,

Chez Opéra :

  • n°533, 30 cm : « Lia ma mia » ( Planel et Devaux), valse napolitaine créée par Sardet du théatre de la Gaité

 

 

Planel en 1917

Alphonse Planel en 1917
(collection privée)


 

Planel en 1906

Le même en 1906
(collection privée)


 

Editions Planel Bluette

Bluette des Neiges
'édité chez A.Planel'

 

Article écrit et publication autorisée par Claude Viossat, petit fils d'Alphone Planel

avec nos remerciements




 

Références et Bibliographie:

-Dictionnaires biographiques Illustrés départementaux : ARDECHE et DRÔME
Librairie E.Flammarion – R.Wagner, éditeur Paris 1912

-Histoire Régionale et Locale - Le Dauphiné : La DRÔME
par Jean COSTE. Imprimerie L.Chevalier, 8 rue des Alpes, Valence 1947 

-Hommes et Femmes célèbres de la Drôme
par Amicie d’ARCES. Bonneton Paris 1996, Imprimerie Oberthur Graphique Rennes

-Les Planel, musiciens montiliens
par Danièle Quét dans ETUDES DROMOISES 1er trimestre 1998

-Je vous écris sur la peau d’un tambour dans une forêt…
par Jean SAUVAGEON dans ETUDES DROMOISES spécial Décembre 2001.

-Je suis mouton comme les autres
par le GREPHID. Editions Peuple Libre et Notre Temps, Valence 2002.

-Ascendance des Planel, Musiciens Montiliens
par Claude VIOSSAT dans RACINES DROMOISES 1er trimestre 2002

-120 Chroniques Montiliennes, Tome 2
par Marylène MARCEL-PONTHIER 2009

 

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