André Perchicot

Grâce à un contact chaleureux avec la famille d'André Perchicot que je remercie au passage, nous pouvons consacrer cette page d'éditorial à ce personnage hors du commun. Jugez plutôt:

Mise à jour: 1er février 2011

André PERCHICOT est né à Bayonne en 1888.

Il a tout d'abord été champion cycliste, sur piste, participant à diverses compétitions en Europe et USA , comme les " 6 jours " qui étaient très prisés.
Son palmarès parle de lui même:


Championnat de France de vitesse :

  • 1912, Parc des Princes : premier !

Championnats du monde de vitesse :

  • 1912, Newark (USA) : troisième, derrière Kramer et Grenda
  • 1913, Leipzig : troisième , derrière Rutt, et Ellegard

Puis vient la grande guerre et sans trop savoir comment, mais je suppose grâce à son diplôme d'ingénieur des arts et métiers ( !!!) , on le retrouve pilote d'avion..
Son avion abattu par les Allemands vers 1916, il est hospitalisé longuement (blessures aux jambes, au dos, au bassin). Sachant que désormais il est impossible, même si le conflit ne s'éternise pas, de recommencer une carrière cycliste, André se lance dans la chanson et le music hall à travers l'animation du milieu hospitalier où il se soigne et découvre par la même une vocation. Il se veut d'ailleurs le disciple de Mayol.
Il organise également des réunions cyclistes au bénéfice de la Croix Rouge.

A la fin de la guerre, malgré son diplôme, il persiste dans la voie du music hall et se produit dans les cafés-concerts de Paris. Il y recueille un tel succès dû en partie à l'événement de voir chanter un ancien champion, qu'il se produit dans de plus grandes salles et enregistre des disques chez Pathé et chez Odéon ; dès le début des années 20, il devient ainsi un chanteur populaire.

Sa carrière artistique durera à peu près 20 ans du début des années 20 au tout début 40, il enregistra probablement entre 200 et 300 chansons.
On compte 160 chansons enregistrées sur disque chez Pathé exclusivement jusqu'en 1925, puis chez Odéon, Polydor et Pathé épisodiquement jusqu'à 1935. Le zénith de cette carrière se situe dans le début des années 30. Il tâtera du cinéma 3 longs métrages et un clip.

  • 1930 en Allemagne " Anny Music Hall " de Carl Lamac avec comme vedette Anny Ondra
  • 1932 avec Jean Dréville l'ancêtre du clip musical ( à La Varenne), chanson reprise par G. Brassens à ses débuts (eh oui !!!)
  • 1932 " Pomme d'amour " de Jean Dréville, film musical dont il est la vedette mais dont malheureusement on ne trouve plus de copie.
  • 1934 Sapho de Léonce Perret où Perchicot tient un petit rôle ... celui de Paulus.
    Il semblerait qu'alors qu'on l'avait considéré comme le nouveau Paulus, il y tienne vraiment ce rôle.

Ses principaux titres sont :

A la Varenne

Ce sont les jeunes qui ont raison

J'ai le pépin pour Pepa

Ça c'est espagnol

C'est une chemise rose

Ah quelle vie qu'on vit

La sérénade de la purée

Dans la rue

Perque

Ah que c'est beau l'exposition

Le béret

Sous les ponts

Quand on est jeune

Le béret

Sous le soleil marocain

Carnaval y'a bon (marche officielle du carnaval de Nice 1930)

Quand on aime on a toujours vingt ans

Ça c'est tout le midi

Quand on revoit la tour Eiffel

Sous les ponts

Dites-moi Doumergue

Voici dimanche

Le répertoire 'De La Belle Epoque Aux Années Folles' a aussi quelques titres supplémentaires tirée du catalogue Pathé:

4104 - La môme Nana (Valsien) - Chanson réaliste

4156 - E viva la Raquella (Izoird & Raiter)

4104 - Sort d'ici (Desmoulins) Diction

4156 - Ca vous fait plaisir quand même (Garaboche)

5258 - La fanfare des agents (Trémolo) - Chanson marche

5258 - La saxophonite (Joé Davison) Fox-Blues

Il aura une époque " provençale " en ayant une forte activité dans la région marseillaise et enregistre même quelques chansons en provençal.

Durant les années 30 il effectue outre la métropole, diverses tournées en Europe, Afrique et Moyen Orient. Il fait alors vivre une cinquantaine de personnes dans le cadre des 'tournées Perchicot'.
Coté voyages, il est allé en Chine et plus généralement en Asie. Ayant découvert le continent américain dès 1912 avec le cyclisme, on peut considérer qu'à part l'Océanie il a fait le tour du Monde.
A cette époque il possède deux yachts ( le père et le chicot), deux villas jumelées à Bry sur Marne, un appartement rue des Ternes à Paris et jusqu'à 7 voitures simultanément( dont une Voisin 40CV) et une compagnie d'autobus à Bayonne.

Vers la fin des années 30, il tombe malade suite à un virus contracté en Afrique, à tel point qu'on le ramasse en 1940 ( je crois) dans la rue ( ! ) inconscient ( on lui vole ce jour là sa bague en diamant du petit doigt). Il est hospitalisé longuement et cette période marque le commencement de la fin de sa carrière, en plus des difficultés liées à la maladie, il est victime de nombreuses spoliations et pillages.
Par ailleurs le music hall de l'époque connaît un renouveau avec l'éclosion entre autres de Fernandel et Trenet. Seuls son ami Maurice Chevalier et Mistinguett "survivront" à cette période.

Vers la fin des années 40, s'étant assuré des revenus suffisants en vendant ses derniers biens, il se retire aux alentours de Bayonne près de ses sœurs, où il finira sa vie le 3 mai 1950.
Selon sa sœur" il était marqué physiquement par la maladie, semblait avoir vécu tellement de vies qu'il faisait plus âgé que sa soixantaine, mais il émanait de lui une grande élégance un magnétisme et une personnalité peu commune, même dans ses derniers jours ".

 

 

Perchicot Espoir du vélo

(vers 1910)

 



Célèbre par ses courses cyclistes, les débuts de Perchicot au Casino de Toulon exploitent cet atout,
et le succés est immédiat


 

Dans sa tenue de scène


 

Article proposé par M. Michel Montagut, petit neveu de l'artiste. Tous droits réservés.

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