| Mise à jour fev 2011 | |||
| En 1905 : Les
premières annonces concernant le disque
Il est curieux de noter la façon dont la presse spécialisée de l'époque a soigneusement distillé les informations sur l'arrivée du disque : On apprend dans le numéro 7 de Phono-Gazette du 1er juillet 1905
que Dans le numéro 15, du 1er Novembre de la même année,
on peut lire : Pathé avait en grand secret étudié la possibilité de reprendre les enregistrements dont il disposait sur cylindre Paradis. Un nouveau pantographe permettait le transfert de ces grands cylindres vers les disques. Le capital sonore était donc préservé! Les investissements ont été à la mesure de l'événement et qu'en juin 1905 la Société augmente encore son capital social en le portant à 3 200 000 francs. Les premiers disques sont parus en décembre 1905 et étaient gravés sur une seule face, fabriqués avec de la cire reportée sur des plateaux en ciment. Ce fut un échec, les clients n'étaient pas satisfaits et ont retourné leurs disques chez Pathé pour se faire rembourser... Il a fallu attendre le début de 1906 avant de voir les disques noirs fabriqués dans un mélange de poudre d'ardoise et de gomme laque (entre autre, puisque la composition exacte est restée secrète). Très peu de disques en 'ciment' ont été en circulation. Leurs ventes aura duré moins de deux mois... Au niveau des appareils mis en vente pour les disques, le premier phonographe était le 'Modèle A', directement hérité de la technologie du phonographe à cylindre, et daté de 1906. Le pavillon était en aluminium. Comme pour les cylindres, il s'agit d'un pavillon flottant, dont la tête de lecture était de la même fabrication que précédemment. On peut voir une démonstration sur YouTube. |
Une des première épreuve de disque Le poisson adapté à la reproduction d'un cylindre Paradis vers un disque. Le disque était en cire très fine, d'épaisseur de quelques centimètres. Il était ensuite recouvert de peinture conductrice avant d'être envoyé dans un bain de galvanoplastie (vue d'artiste réalisée par l'auteur) |
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L'Orchestre Pathé Frères Pathé faisait appel dès 1902 à La Garde Républicaine dirigée par ses chefs Gabriel Parès et Jean-Baptiste Causy pour les trompettes. L'orchestre avait remplacé peu à peu les accompagnements de piano des débuts. Il enregistre notamment les morceaux célèbres La Sentinelle et Simplette, pour trompettes de cavalerie. En 1905, Pathé Frères crée son propre orchestre
avec les ressources disponibles parmi le personnel de production. Cet
orchestre compta jusqu'à quatre-vingt musiciens, dirigés
par M.Bellanger. Il enregistrait à Chatou, dans une pièce
surnommée 'Le tonneau' à cause de saforme spéciale,
à l'acoustique adaptée. Sans les cuivres, il prend aussi le nom d'Orchestre Symphonique Pathé , comme dans le n°79076 'Dans les ombres'. |
L'Orchestre Pathé-Frères (Collection BNF) |
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A partir de 1906 Les disques de 1906 avaient une ou deux faces enregistrée(s). Leur numérotation reprenait celle des cylindres (voir le chapitre spécial consacré à la datation). Il semble qu'il n'y a eu que des diamètres de 24 et 28 cm. Dès 1907, Pathé abandonnera les disques monoface et ne pressera que des disques double face. Quand à la production, le catalogue de Novembre 1906 mentionnait : " Nous venons de faire une installation dans nos usines permettant la production de cent mille disques par jour ". Un extrait du bulletin phonographique et cinématographique, 15 novembre 1899 décrit l'arrangement de cet immeuble :" Le rez de chaussée a été transformé en magasin de vente, dont l'étalage parfait le soir, à la faveur de la lumière électrique, un effet des plus saisissants...; A l'entresol sont installés les salons d'audition... Le premier étage comprend le cabinet des directeurs et celui de l'administrateur... Si nous montons au deuxième étage, le changement est brusquement complet. C'est là qu'on enregistre les opéras et les grands airs... Les autres étages admettent encore des salles d'enregistrement... Mais il serait bien regrettable de ne pas s'arrêter un instant au sixième ! Là-haut, sous la partie vitrée du toit qui forme véranda, est la salle d'enregistrement des orchestres . Chaque jour, vingt-cinq à trente musiciens, sous la conduite de Mm Colonne ou Parès, y font vibrer les cuivres les cordes et les bois... " La production verra des tailles variées : Entre 1906 et 1916, les disques sortent sans étiquette papier, ils commencent par l'intérieur, et les titres sont gravés dans la matière du disque et coloré en ocre jaune:
Malgré tous ces efforts, dans les premières années de vente du disque, le cylindre garde la meilleure place, surtout grâce au parc de machines important chez les particuliers. Les ventes de phonographes à disque n'ont commencé qu'en 1906 avec le modèle A. Ce modèle reprend les grandes caractéristiques des phonographes à cylindres avec un pavillon 'flottant' en aluminium puis en tôle peinte. Dés 1907, les modéles de phonographes avec une potence et au pavillon orientable donnent naissance à de nombreux types d'appareils, très diversifiés au niveau de leur qualité e de leur prix: Ommnibus à 35 Fr, Modèle 'B', à 100 Fr, Modèle 'D' à 175 Fr, et le modèle 'G' à 145 Fr. Ce n'est que progressivement, (environ 5 ans), que le cylindre va s'éteindre en 1910, laissant la place définitivement au disque dont la production avait dépassé celle du cylindre. Par ailleurs, suite aux ennuis financiers de l'APGA (l'Association Phonographique des Grands Artistes), la société Pathé rachètera en Juillet 8 presses à disques (pour 5.000 Frs), et négociera avec les 80 artistes qui avaient pour la plupart signés des contrats d'exclusivité avec cette firme. Affre concède déjà 50 morceaux à Pathé. Pathé va ré-enregistrer les enregistrements de l'APGA sur disque à saphir en reversant une allocation de 10ctmes pour chaque disque vendu. Ce rachat pour 15 000 Francs apportera à Pathé des exclusivités avec de grands artistes pour une somme très raisonnable: Mayol, Dranem, Polin, Noté, etc. En 1909, le Pathé-Salon, de style rocaille, ou de style 1900 sont proposés par la société Girard et Boitte. Les phonographes plus bas de gamme sont vendus sous la marque 'Diamond' (ainsi que les disques qui sont fabriqués à Chatou). En mars 1909, l'usine de Forest en Blegique voit le jour. Un projet d'usine à Vienne est évoqué afin de baisser les prix de transport et de douane. La Deutsche Pathé Geselschaft est créée pour exploiter les disques fabriqués à Bruxelles. Les sociétés de New-York et de Chine sont créées, ainsi qu'à Singapour.. En 1910-1911 sortent les disques de 35cm. Pathé met en vente au catalogue 1911 le fabuleux Pathé Concert, phonographe de haut de gamme qui sera décliné avec un mouvement mécanique, ou avec un moteur électrique ou enfin avec un moteur pneumatique, les prix allant de 375 francs à 1200 francs. Ces appareils très élégants possédaient une grille de cornet ouvragé de très belle facture comme on peut en juger sur la photo ci-contre. Vous pouvez voir une démonstration de cet appareil sur YouTube. En 1911, Charles et Emile deviennent enfin membre du Conseil d'Administration. C'est aussi en 1911 que débuta les premières séries
d'opéras qui durera jusqu'en 1923. Carmen (1911), Faust (1911/12),
Galathée (1912), La Favorite (1912), Les Frères Danilo (1912/13),
Roméo et Juliette (1913), Les Noces de Jeannette (1922), Manon
(1923), mais aussi Rigoletto (1912), Le Trouvère (1912) et La Traviata
(1912). Une représentation du Trouvère aura lieu à
la Gaité fin 1912 par un groupe américain qui voulait juger
des avantages des représentations par le phonographe. Ce groupe
rejouera à New York Le Trouvère, Rigoletto, et La Favorite
pendant un à deux moix avec une rétrocession de 10% de la
rectte brute à Pathé. En 1912, et pour 2 ans, Emile Pathé prendra la place de M.Neyret dont le mandat expirait à l'exercice 1913-1914. C'est en 1913 que la firme Pathé annonce le 'Ronéophone', machine destinée à concurrencer les enregisteurs sur cylindres Edison et destinée au monde des affaires. Cette machine permettait d'enregistrer sur disque ('La Nature', n°2101 du 30 Août 1913). Un rabot permettait d'effacer le disque et de s'en resservir. En décembre 1913, Pathé présente son Pathégraphe, destiné à l'apprentissage des langues (voir l'article paru dans 'La Nauture' n°2115 du 6 décembre 1913). Une nouvelle méthode d'enseignement des langues était née, adoptée par les écoles internationales sous le nom de 'Méthode ICS' (voir aussi la Nature n°2134 du 16 avril 1914). Fin 1914, une des conséquences immédiates de la déclaration
de guerre à l'Allemagne a été l'impossibilité
de livrer les marchandises par le train. Les chemins de fer ayant été
réquisitionnés pour le transport des soldats et du matériel
de guerre, les expéditions ont été purement et simplement
arrêtées... L'usine de Chatou, mais aussi celle de Bruxelles
ont été temporairement fermées. En 1916, les étiquettes papier font leur apparition et la production
des disques à 'étiquette gravée' s'arrête.
C'est bien sur le fameux Coq qui y est apposé, ainsi que tout ce
qui se trouvait sur la gravure : le numéro du maître cylindre,
l'éditeur, le numéro catalogue (voir le chapitre consacré
à la datation). Pathé abandonnera
aussi les annonces du début du disque et gagne ainsi quelques précieuses
secondes sur la durée utile de l'enregistrement.De nouvelles tailles
de disque verront le jour: 27cm, 29cm, 40cm (vers 1923). |
Siège social et studio d'enregistrement Le Pathé-Concert, un appareil de grande qualité La grille du Pathé Concert, un véritable ouvrage d'art (Collection Bernier) |
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Pochette russe
Pochette anglaise |
Pochette hongroise
Pochette de Pathé Allemagne |
Pochette de Pathé Italie Pochette belge en néerlandais |
Pochette en siamois
Pochette en arabe |
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Toutes ces pochettes de disques sont datées d'avant
1916. Les disques de 1906 de 24 cm avaient des pochettes imprimées
en rouge.
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