Robert Jysor, Chanteur d'Opérettes
date d'édition: 1er juillet 2008
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Introduction Aujourd'hui, nous évoquerons le souvenir d'un grand artiste, Robert Jysor, dont la postérité n'a pas épargné la mémoire. Sa popularité fut celle d'un Baugé, Burnier, ou d'un Roger Bourdin bien que sa carrière fut plus discrète. Elle sera couronnée tout autant de beaux succès. Sa belle voix grave de baryton martin fera les beaux jours de la Gaîté-Lyrique, du Ba-Ta-Clan et de l'Opéra-Comique. Il saura s'illustrer autant dans l'Opéra-Comique, l'Opérette, les Revues de cabarets et jusque dans la chanson populaire! On le retrouvera également à la radio et sur le grand écran. Son succès débutera au début des années 20 et ira grandissant jusqu'à la seconde guerre mondiale. Il interprètera de nombreux rôles souvent délaissés et méprisés par les autres chanteurs de son époque. Robert Jysor le connaîtra sans doute jamais la réédition même partielle de ses enregistrements, mais notre collection contient un bon échantillonnage de son oeuvre que vous pouvez écouter grace au Jude-Box! |
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Biographie Robert Jysor, de son vrai nom Robert Bidaut, est né à Neuilly Saint Front (Aisnes) le 23 mai 1893. Son avenir aurait pu être tout tracé: son père était médecin, il était destiné à la médecine! Mais son père décédera durant la guerre 14-18... Le petit Robert est passionné par le théâtre. On raconte qu'il s'est produit avec Sarah Bernard, mais nous n'en avons retrouvé aucune trace. Il se découvre une voix de baryton, et travaille avec sa mère qui est chanteuse lyrique. Il aborde alors le chant dans les cabarets de Montmartre où il interprète des chansons réalistes et des romances. Il est remarqué par le directeur de la Gaîté-Lyrique qui le fait rentrer dans sa troupe aux côtés de Louise Dhamarys, Georges Foix et Ponzio. Il interprète alors le répertoire habituel des barytons: Rip, Les Saltinbanques, Le Grand Mongol (1922). Il crée Amour de Princesse de Louis Urgel (octobre 1923), La Hussarde de Félix Fourdrain (Février 1925) avec H.Jullien, R.Allard, P.Darmant, P.Dullac, G.Simon, L.Dhamarys, G.Epicastre et R.Leblanc). Durant cette période, il enregistre des disques pour Gramophone, Pathé Frères, Henry et Opéra. En 1926, il est engagé à l'Opéra-Comique. Jysor débute dans Manon le 9 octobre. Il joue tout le répertoire en compagnie de Mmes Ragon, Sibille, Gauley, Corney, et Mm Génin, Dupré, Lafont, Musy, Azéma, Vieuille, Bourdin, Allard: Les Contes d'Hoffmann, La Traviata, Paillasse, Lakmé, Hérodiade,... Il créa Le Poirier de Misère, de Marcel Delannoy (1927) et Résurection de Franco Alfano (1927). Entre 1928 et 1930, Robert Jysor
se partage également avec la salle du Ba-Ta-Clan dirigée
par Jean Casanova au 50 boulevard Voltaire; 1930 sonne pour Jysor son arrivée au sommet de la gloire et en même temps, c'est l'apogée de sa carrière. Il rejoint l'écurie Odeon, qui en fait une véritable star du disque. Il restera fidèle à la firme jusqu'en 1938. En 1931, après un changement de direction et une suite de désaccords avec l'Opéra-Comique, Robert Jysor n'apparaît plus au programme de cette salle (saison 1932). Il rejoint André Randall, Xavier Lemercier, R.Vincent, J.Brochard, F.Saala, R.Carlez, V.Troïzka et E.Carise sur la scène... des Folies-Bergères! Il joue dans les revues de Lemarchand, L'Usine à Folies (1er avril 1931). La même année, il enregistre deux airs de la revue Pola et Masques (Odeon 166.468). On peut s'interroger sur le changement d'orientation de carrière du chanteur, mais on peut imaginer aisément qu'il ne voulait plus se plier aux sévères règles de ces salles prestigieuses; n'oublions pas non plus que sa carrière a commencé par les petits cabarets et que peut-être at-il voulu revenir à ses premières amours? Au cours de l'année 1932, Robert Jysor poursuit sa métamorphose, tournant pour le Paramount une série de courts métrages avec Champini et Tramel (série dirigée par Karkoff). La même année, ces films furent projetés au Ba-Ta-Clan, car Jean Casanova, habile directeur depuis 1929 avait installer la sonorisation de la salle et un système très perfectionné qui permettait de projeter l'image par derrière l'écran. Ouvrons ici une parenthèse: à cette époque, les music-halls devaient faire face à la crise qu'amenait le cinéma parlant. Il fallait s'adapter et on vit ainsi durant l'année 1932 des salles de spectacles se transformer en Cinéma comme l'Empire (devenu Pathé-Nathan), l'Olympia, devenu salle de cinéma en 1929, Parisiana, aujourd'hui Richelieu-Gaumont), Fantasio (détruit aujourd'hui), Kursaal (rebaptisé en 1928 l'Eden, puis Les Mirages en 1932). Le 3 juin 1932, le premier film sonore qui fut projeté après les travaux au Ba-Ta-Clan fut Le Chemin de Paradis. Ce fut un véritable succès, car en plus d'être devenu parlant, le cinéma chantait! Face au déclin de certaines salles, Jysor va de scène en scène. On le retrouve au Château d'Eau, chantant en attraction avant la diffusion du film (1932). D'après certaines sources, il aurait même dirigé un cinéma. Il enchaîne les music-halls, se produisant à Bobino (1934) avec Marainne Oswald et Mireille; en 1934, avec Georgius et Félix Paquet), au théâtre de Belleville, (1935) avec La Houppa, il interprète Partir, Tourne et Vire, et Bye-Bye, et en 1936 avec Christiane Néré, Jeanne Aubert; et en 1938 avec Georgette Plana, Pierre Clarel et Antonin Berval, à l'Alambra (1938), etc. Tant d'activités diverses mènent Jysor vers le déclin... En 1938, Robert Jysor chantera à la Radio des Mélodies de Marcel Vidal-Saint-André dont il gravera le disque la même année. C'est aussi à cette époque qu'ayant sur scène le jeune Henri Genès, Jysor soutiendra celui-ci, allant jusqu'à Tarbes pour faire changer l'avis de son père qui s'opposait à la carrière de son fils, en promettant au jeune Henri un avenir prometteur. Après la deuxième guerre mondiale, la carrière de Robert Jysor semble s'endormir petit à petit. On retrouve sa trace au début des années 50 au Théâtre du Châtelet avec Rudy Hirigoyen pour la reprise du Chanteur de Mexico où il interprète le rôle de Zapata. Il décède aux Mureaux le 5 novembre 1982 et sera enterré au nouveau cimetiere de Ris-Orangis dont un buste orne sa tombe. Aux disques: Jysor aura su mettre en valeur ses talents, ce qui n'avait rien d'évident pour les comédiens de l'époque. Le disque reflète merveilleusement bien son jeu et ses intonations. Il a su véritablement tirer parti de cette technique encore récente pour lui. Dès 1921, il prête sa voix pour la firme au chien Nipper (Gramophone) et il enregistre sous différents labels jusqu'en 1938, comme Ideal, Henriy, Salabert, Pathé Frères, Opéra et Odeon. Dans ses premières années, encore enregistré en acoustique, il interprète alors les mélodies et romances, des javas, des Fox-trots, des chansons réalistes, et un grand nombre compositions de Benech. On trouve tout de même quelques rôles principaux de son répertoire de théâtre (Le petit duc, Le Coeur et la main). Ensuite, à l'apogée de sa carrière, l'enregistrement étant devenu électrique, Odeon lui propose d'enregistrer une série d'opérettes et d'opéra-comiques. Ces dernières étant parfois gravées en intégrale (musique et texte). Qui mieux que lui pouvait graver les pages des Cloches de Corneville, de La Mascotte ou des Saltimbanques? Jysor y déploie tout son grand art; en plus d'être un bon chanteur, il était un grand comédien. Discographie des disques disponibles (collections réunies de Samuel Marc et DLBEAAF): Disques Gramophone (enregistrement acoustique) s22288u - Sérénade
(Toselli) K-1168 BP170-1 - Les nuages (Maurice Yvain) - K-2734 Disques Pathé-Frères (enregistrement acoustique sur disque à saphir) 2142
- RIP (Planquette) - Chanson à boire Disques Ideal (enregistrement acoustique sur disque à saphir) Id378 - La bonne manière
(one-step de Gonella) - 7881 (1927) Id831 - Le petit duc : chanson
du petit bossu - 8371 (1928) Disques Odeon (disque à aiguille) (enregistrement acoustique) KI798 - De Nice à Monte-Carlo
(Bénech) 74100 Disques Odeon (disque à aiguille) (enregistrement électrique) KI4033-1 - Rip: Trio des enfants
166.397 Albums des Cloches de Corneville (de 166.407 à 166.416) en 1931, et Les Saltimbanques (166.600 à 166.604) Réédition de 78 tours Odeon sur 33 tours Odeon XOC (années 1950): La Mascotte. Un article signé
Samuel Marc, Le Havre 2007 |
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