Yvette Guilbert, la Diseuse Fin de Siècle
Mise à jour: 1 Juin 2005
Une dame sidérante par plus d'un aspect: Quand on pense qu'elle est née en 1868, qu'elle a été immortalisée en peinture par Toulouse-Lautrec, qu'elle aura été grand prix de diction en 1934, on se demande à quelle époque appartient Yvette Guilbert. Elle chante des genres très différents, toujours avec le même succès: du répertoire réaliste d'Aristide Bruant, en passant par les chansons grivoises, enfin "à la Vieille Chanson de France", qu'elle remet au goût du jour. | ||
Yvette Guibert lors d'un spectacle vers 1900 | Prenons connaissance de son histoire: Comme bien des femmes coquettes, l'année de sa naissance est incertaine... 1865, 1867, ou 1868 ? En fait, elle serait née en 1865 à Paris (elle laissa un flou artistique sur cette date de naissance, dans certaines revue de 1900, on trouve d'autres dates). Sa jeunesse est contrastée, avec des périodes d'aisance financières (sa mêre était fille d'une famille aisée du Nord) et des périodes de disettes, (son père a perdu beaucoup d'argent au jeu et quittera le foyer conjugal). Elle est obligé d'être mannequin chez un couturier. Elle débute aux Bouffes du Nord en 1888, puis aux Nouveautés et à Cluny en 1889, enfin aux Variétés où elle s'essaye dans le répertoire du théâtre (le Fiacre 117, de Millaud et Najac. En compagnie de Réjane elle y jouera 'Décoré' de Meilhac en 1888). Ses débuts dans la chanson sont très difficiles, elle se fait chahuter au Casino de Lyon et doit même écourter son contrat...Elle tient deux mois à L'Eldorado... En fait sa vraie carrière débute modestement avec le Café-concert en 1890, à l'Eden-Concert. Elle trouve l'opportunité de chanter à Liège et à Bruxelles où elle reçoit enfin le meilleur accueil. Elle passe au Moulin Rouge et au Divan Japonais après avoir claqué la porte de l'Eden-Concert, puis s'attaque aux salles purement parisiennes: Concert Parisien, puis la Scala, aux Ambassadeurs, aux Folies Bergères, à l'Olympia dans le répertoire grivois. Elle obtint enfin un succès considérable, notamment avec le concours d'Aristide Bruant, ou de Xanrof et ses amis du 'Chat Noir'. Elle épousera en 1897 M Schiller, connu dans le milieu du théâtre où il a été "manager" de Sarah Bernardt, et elle change de style en s'orientant vers la Vieille chanson de France, qu'elle prèféra au répertoire 'grivois'. | |
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En 1900 commence ce qu'Yvette Guilbert appellera sa 'seconde carrière' ou elle va s'efforcer de retrouver et de remettre en scène des 'vieilles chansons de France'. Elle brillera avec ses 'Chansons Pompadour' dès 1905. Elle restera dans les mémoires dans les répertoires lestes et satirique, dans le répertoire de 'Aristide Bruant qu'elle portera sur les scènes chics de Paris, comme 'A la Villette (d'Aristide Bruant)' et enfin dans l'étude et la restauration des chansons anciennes de France: 'Verligodin' De 1915 à 1922, elle va s'installer aux Etats-Unis, et s'efforcera de représenter la Chanson Française. Elle monte à New York un conservatoire de la Chanson Française, donne des conférences, notamment à la Columbia University. Elle montera à Paris une école de chant, on la rencontre aussi dans quelques films: 'Les deux Gosses', 'Les Misérables', 'Pécheur d'Islande'. Elle est décorée en 1932 de la Légion d'Honneur. Elle aura adopté une tenue de scène immuable: Une robe vert-amande, et une paire de longs gants noirs. Rendons aussi hommage à sa pianiste favorite, Irène Aitoff, (du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris) qui l'accompagna dés la parution des disques électriques, et qui vient de fêter ses 101 ans ! Elle édite chez de nombreuses maisons telles que Gramophone & typewrier, (1908), Victor (1909) Columbia (1918), Pathé Frères lui consacrera dés 1898 plus de 60 titres enregistrés sur cylindres sous le fameux label 'Répertoire Yvette Guilbert' (chanté par elle-même, mais aussi par Mme Rollini, et M. Famechon-Barbin), et aussi des disques (voir plus bas). Yvette Guilbert réenregistrera chez Pathé en 1933 et 1934. Ses éditions seront bien sur sur disques à aiguille avec un enregistrement électrique. Les progrès sonores se font entendre vis à vis des disques de 1910, comme par exemple avec Verligodin, ou L'éloge des vieux. Elle décède en 1944 à Aix en Provence. Gérard Frappé Bibliographie: Panorama
des cylindres Pathé, de G.Humbert |
Yvette Guilbert dans un costume 'Pompadour' |
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En disques Pathé Frères: 1384 Les demoiselles à marier85 Les demoiselles de pensionnat 1395 Fleur de berge 1529 Le mollet de Rose 1529 Le mollet de Rose 1461 Partie carrée 1452 La pocharde 1477 Les vierges 1456 Quand ça l'prend
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En cylindres: 1364 Les belles manières 1400 Gare les rayons X |
Avec sa fameuse robe 'Vert Nil' |