L'égalisation des disques

Avoir un stock de disques chez soi et savoir les lire en respectant la façon dont ils ont été enregistrés n'est pas toujours facile vu que les standards utilisés aux différentes époques et par les différents fabricants de disques ont souvent varié, jusqu'enfin vers 1955 ne sorte une norme qui unifie à peu près tous le monde, le RIAA. Cet article donne une information sur les raisons de ce qu'on appelle les égalisations.

A l'origine, un problème purement technique

En 1925 est apparu l'enregistrement électrique. Le pionnier de cette technique était la Western Electric, une filiale de AT&T qui avait travaillé sur ces graveurs en grand secret depuis 1920. Les chanteurs et les orchestres n'avaient plus à se regrouper devant un pavillon acoustique grâce à l'usage de différents microphones branchés sur un amplificateur qui actionnait électriquement le burin graveur d'une machine d'enregistrement.

Une conséquence inattendue surgit aux yeux des techniciens du disque: celle de l'élargissement des sillons. Regardons ce qu'en dit le 'Mémento Tungsram', sorte de Bible du technicien radio de l'époque:

'On sait que les notes graves, pour être bien rendues, demandent des déplacements de la membrane du haut parleur beaucoup plus importantes que les notes aiguës. Parallélement, l'amplitude du déplacement de l'aiguille du pick-up devrait être d'autant plus grande que les fréquences à reproduire sont plus basses. On est vite limité dans cette voie, car les ondulations des sillons finiraient par rejoindre celle du sillon voisin: c'est pourquoi les disques sont gravés 'à amplitude constante' au dessous de 250 périodes par seconde'.

Il semble aussi que la cellule électromagnétique du graveur avait un problème pour avoir la même réponse aux fréquences graves qu'aux fréquence aigues, et que la gravure à amplitude constante en dessous d'une certaine fréquence donnait une solution élégante à ce problème (en effet, aux basses fréquence, la bobine de gravure est résistive, alors qu'elle est selfique aux hautes fréquences).

Il faut donc que ce soit le préamplificateur lui-même qui se charge de cette correction, ce qui en électronique est assez facile, il suffit d'adapter un filtre du premier ordre qui suramplifie les fréquences en dessous de la fréquence dite 'bass turnover' selon les courbes préconisées par les constructeurs et qui se retrouvent dans le graphique ci-contre. La plupart des appareils équipés d'un pick-up répondaitent à ces courbes qui cependant étaient différentes selon les fabricants (certains adoptaient 250 hertz,