Éditorial : Dranem
Mise à jour: 1er Octobre 2004
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Dranem: Armand Ménard, dit Dranem, est né à Paris le 23 mai 1869, rue Château Landon. De famille modeste, il est tout d'abord apprenti bijoutier chez son père, puis travaille ensuite chez un fabricant de bretelles, jarretières et ceintures en tout genre, où il doit colporter sa marchandise un crochet sur le dos. Peut-être a-t-il gardé de ces modestes fonctions une certaine élasticité qui lui a permis d'apporter une grande variété dans les inoubliables créations qu'il a faites. Il est attiré dès son plus jeune âge par le Caf'Conc et devient un pilier de poulailler. Il applaudit Ouvrard, Libert, Polin, Kam Hill… Il participe à de nombreux concours d'amateurs et fait ses débuts devant le grand public le 1er avril 1894 sur la scène de l' "Electric Concert " au Champ de Mars. Il compte à son répertoire les succès de Polin qu'il imite. Il gagne 210 francs par mois. Le public l'accueille favorablement et il entre peu après à l'Époque où il joue le rôle d'Anatole Garadoux. dans " Les deux timides " d'Eugène Labiche. Il y reste deux ans. Il s'affirme au Divan Japonais où il joue une revue d'Henri Moreau : " Le nouveau jeu ". Francisque Sarcey écrit dans le journal " Le temps " : " il faut tirer hors de pair un artiste nommé Dranem. Il nous a chanté dans la première partie du concert deux ou trois chansons qui nous ont amusés ". Un jour, au Carreau du Temple, il s'achète pour 6 francs une jaquette à basques et à manches courtes, un pantalon jaunâtre rayé de vert et un petit chapeau à la forme bizarre. Le soir même, affublé de la sorte, son entrée sur scène fut saluée par un éclat de rire général. Le style Dranem était né, et s'imposa pour longtemps. |
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Dès lors le succès ne le quitte plus. Il fait rire comme encore jamais un artiste ne l'avait fait. Ses chansons sont stupides, mais il les distille avec un tel art, un tel tact, qu'il rallie tous les suffrages : ceux du peuple comme ceux des " bourgeois ". En 1900, il est à l'ELDORADO qui affiche complet tous les soirs. Il y restera plus de vingt ans. Tout Paris reprend ses scies : " le fils d'un gniaf ", " les trucs de boitaclou ", " le figurant ", " bonsoir m'sieurs dames ", " five o'clok tea ", " andouill's marche " et surtout " les p'tits pois ". En 1910, il joue " Le médecin malgré lui " à l'Odéon. Pendant la guerre, Dranem est versé au théâtre aux armées où il chante dans les hôpitaux. Conscient qu'avec la guerre le genre " 1900 " est mort, le 23 octobre 1919, Dranem fait ses adieux au tour de chant. Il se tourne vers le théâtre, puis l'opérette. Il est le premier grand comique d'opérettes aux " Bouffes Parisiens ". Il partage l'affiche avec Chevalier dans " Là haut ". Puis c'est " Troublez moi ", " P.L.M. ", " Trois jeunes filles nues ", " Les soeurs Hortensia " , " Bégonia ", " Louis XIV ", " Le diable à Paris ", " La dame en décolleté ". En 1924 il publie un roman : " Un riche nature ". Il fonde la maison de retraite de Ris Orangis pour les Anciens du Spectacle. On peut diviser la carrière
de Dranem en trois périodes bien distinctes : |
Dranem, dessiné par Barrère |
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Il meurt en 1935 en pleine gloire,
alors qu'il vient d'être fait officier de la Légion d'Honneur,
et qu'il joue " Tonton " aux Nouveautés. Il a 66 ans. Sa discographie est abondante. Il enregistre chez APGA, Pathé, mais aussi chez Gramophone, Henry... On compte 94 chansons rien que chez Pathé Frères au catalogue de 1926! (certains de ces disques Pathé auront été enregistrés chez APGA entre 1906 et 1909). Voici une partie de sa discographie disponible à La Belle Epoque Aux Années Folles:
On peut y ajouter les titres de la collection particulière de Laurent Wolf:
Un article signé
Laurent Wolf, Bibliographie : |
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