Mise à jour: 13 Septembre 2010
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Il s'appelle Louis-Napoléon Defer et il est né en 1860 à Aumale, en Seine-Inférieure (aujourd'hui Seine-Maritime). Son père était plombier. C'est sa soeur qui l'élève, sa mère étant décédée. A 15 ans il quitte l'école et devient aide de l'employé municipal chargé de l'entretien des routes (on dit 'agent-voyer' à cette époque). A 17 ans il vient à Paris où il occupe des petits boulots comme vendeur dans des magasins de mode et de tissus. Il a la volonté de devenir chanteur. Son service militaire se passe chez les Chasseurs à pied, près de Nancy et il est libéré en 1885.(entre 1872 et 1889, la durée du service militaire est de 5 ans, par tirage au sort). C'est à son retour à Paris qu'il a la chance de d'obtenir une audition au Concert de l'Epoque. Ce ne fut pas un succès, mais malgré une timidité maladive, il persévère et obtient un certain succès en chantant le répertoire Paulus, qui en 1886 est au sommet de sa gloire. C'est alors qu'il prend le nom de Charlus (il parait qu'il choisit ce nom d'artiste en jouant sur la consonance avec Paulus, un jour de Saint-Charles). Il dit lui même dans ses mémoires "Je vaux Paulus, mais pas plus". Sur les conseils d'Yvette Guilbert, il se crée un personnage vers 1888, adopte des habits 'romantiques' de style 1830, et se lance dans la création de chansons dans le genre 'fin diseur'. Il connaît alors une vie d'artiste fort honorable, chante dans les grandes salles parisiennes, et part en tournée plusieurs années de suite en France et en Belgique.
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Charlus |
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Il rencontre Emile Pathé en 1896 au tout début de la firme Pathé-Frères, qui cherchait des chanteurs de qualité capables d'enregistrer des cylindres alors que la duplication n'existait pas encore. Il fallait donc chanter du matin au soir la même chanson, on parlait de chanteurs-forçats... Charlus accepta un engagement chez Pathé-Frères et interrompit sa carrière de scène au café-concert. Il se consacra pour notre plus grand bonheur à enregistrer un nombre considérable de chansons. On lit parfois 80.000 auditions en quatre ans, ce qui est sans doute très exagéré...! Pathé ne laisse pas apparaître pas son nom sur les enregistrements, ce qui laisse planer soigneusement le doute sur l'interprète. On trouve des cylindres 'répertoire Bruant, ou Polin, ou Mayol, ou Paulus, ou Fragson, qui sont chanté par ces chanteurs-forçats... Mais, Charlus réussit à imposer son nom au phonographe vers 1900. Il devint alors Directeur Artistique et Chef de l'Enregistrement chez Pathé. Les nouveaux procédés de reproduction des cylindres lui permettent de renouer avec la scène, et on le retrouve aussi à chanter chez d'autres firmes, comme Zonophone, Odeon. On le retrouve dans quelques revues telles que 'Non mais, qu'est ce que t'attends' à Bobino, 'Satyre ... et ça vient' à l'Alcazar de Marseille,... Pendant la grande guerre, l'usine de Chatou étant quasiment utilisée exclusivement pour fabriquer des munitions, Charlus devient directeur de la succursale Pathé à Marseille. Il le restera jusqu'en 1925. Il sera rappelé pour enregistrer ses derniers disques en 1929, profitant de l'enregistrement électrique. Il se retire dans l'Oise, à Verberie, entre Creil et Compiègne vers 1930, ayant 44 ans de chansons à son actif! Il y décédera en 1951, à l'âge de 90 ans. Son style: en dehors de chanter
les chansons des répertoires des autres, Charlus se distingue par
une joie de vivre et une diction impeccable. Il donne bien sur dans le
comique et le grivois. Rien ne l'arrête, même le scabreux
et il s'en sort extrêmement bien en brisant tous les tabous grâce
à cet entrain: tout y passe: les déformations physiques,
les gros, la politique, les infirmités (Elle faisait prout prout,
La jolie boiteuse), la mode , l'amour, tout est sujet à rire sans
réserve. Les paroles de ses chansons sont parfois 'limites', mais
il n'est jamais de mauvais goût dans son interprétation,
et traite tout en dérision. Etablir sa discographie tient de la gageure. Les rédacteurs du journal Chansonia ont essayé fort brillamment dans le numéro 11 d'avril 2005 consacré à Charlus, et dans les mises à jour qui ont suivi . On s'y reportera. Je ne laisse ci dessous que l'inventaire que j'ai sur disque. Je ne compte pas les cylindres qui pour la plupart ont été repris sur ces précieuses galettes...
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Source: Catalogue Pathé 1923 |
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Gérard Frappé |
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